Cécilia
Elle avait un peu plus de vingt ans, je ne sais plus, mais finalement cela importe peu. Elle était bien sûr de sang indien, de cette race d’indien d’Amazonie, petit, râblé, costaud, infatigable, a la peau brune, aux yeux et cheveux brillant et noir comme l’ébène.
Elle était née dans la forêt, avait grandi comme tous les gosses de son village, avec la pluie ou le soleil, avec le ventre plein ou la faim, avec la peur du lendemain ou l’insouciance de son peuple. Jusqu’au jour ou un missionnaire de passage avait remarqué ses yeux brillants, sa manière de parler, de se tenir, la rapidité de ses réponses, son intelligence. Alors la vie avait suivi son cours, il l’avait emmenée loin du village, vers la ville, ou les sœurs de je ne sais plus quelle congrégation avait fait son éducation, transformant en quelques années, la fille de la forêt en une parfaite représentante de la civilisation occidentale.
Elle était née dans la forêt, avait grandi comme tous les gosses de son village, avec la pluie ou le soleil, avec le ventre plein ou la faim, avec la peur du lendemain ou l’insouciance de son peuple. Jusqu’au jour ou un missionnaire de passage avait remarqué ses yeux brillants, sa manière de parler, de se tenir, la rapidité de ses réponses, son intelligence. Alors la vie avait suivi son cours, il l’avait emmenée loin du village, vers la ville, ou les sœurs de je ne sais plus quelle congrégation avait fait son éducation, transformant en quelques années, la fille de la forêt en une parfaite représentante de la civilisation occidentale.
Elle parlait un espagnol parfait, elle s’habillait comme tout un chacun dans la grande ville, elle avait été une des meilleures étudiantes dans toutes les écoles ou elle était passée. Elle avait décroché une multitude de diplômes a l’université et était montrée en permanence comme un exemple de l’effet de la civilisation sur une race, que l'on appelait encore "sauvages".
Par chance, le missionnaire ne l’avait pas coupé complètement de son peuple et chaque année pour deux ou trois mois, il lui avait laissé le choix de revenir dans son village natal et de revoir famille et amis. Elle avait donc grandie parfaitement adaptée au monde ‘’civilisé’’ et aussi parfaitement en contact avec la forêt et le peuple de ses ancêtres
Très tôt, elle avait compris que le conquérant espagnol, avait depuis des siècles asservi son peuple, transformant le fier et indépendant peuple de l’Amazonie en demi-esclave au service des haciendas et ensuite au service des usines et ateliers de la ville, abandonnant dans la forêt une poignée de tribus qui essayait encore de survivre de manière ancestrale sur des territoires sans cesse réduits par l’avance du ‘’PROGRÈS
Très vite elle avait constatée, que les compagnies forestiéres, pétrolières et miniéres s’enfonçaient sans vergogne dans la forêt a la recherche de l’or noir et autres richesses, sans aucun respect pour la nature, pour la forêt et ses habitants humains ou animaux, polluant sans aucune inquiétude, sûr du silence des gouvernements qu’ils avaient à l’avance grassement payés
Alors bien sûr, elle avait compris ou était le but de sa vie, sa raison d’être, sa raison d’exister et avant même d’être devenue une femme, alors qu’elle n’était encore qu’une enfant, elle s’était jetée à fond dans le combat contre les compagnies étrangères qui détruisaient son pays, sa forêt, ses montagnes et son peuple.
Elle allait de meeting en meeting, de réunion en réunion, de village en village. Elle écoutait, elle parlait, elle criait et faisait des discours, elle essayait de remuer les foules, d’attirer l’attention de monde sur ce qui se passait dans SA FORET. Et très vite elle devint une épine dans le pied de proéminents politiques qui n’aimaient pas être dérangés dans leur course au pouvoir et la recherche de leur fortune personnelle.
Elle allait de meeting en meeting, de réunion en réunion, de village en village. Elle écoutait, elle parlait, elle criait et faisait des discours, elle essayait de remuer les foules, d’attirer l’attention de monde sur ce qui se passait dans SA FORET. Et très vite elle devint une épine dans le pied de proéminents politiques qui n’aimaient pas être dérangés dans leur course au pouvoir et la recherche de leur fortune personnelle.
Elle était infatigable, elle refusait le compromis, elle croyait en son action et s’était jurée de ne jamais s’arrêter et poussée par la force de la jeunesse, aidée par une poignée d’amis, financée par les quelques pennies que lui donnait son peuple, elle devenait rapidement une
force sur qui il était nécessaire de compter.
Jusqu’au jour ou alors qu’elle faisait pour la millième fois ce même discour, demandant au peuple indien de se révolter et de défendre ses droits et son territoire, un coup de feu éclata, elle reçut la balle juste entre les deux yeux et s’écroula pour toujours.
Jusqu’au jour ou alors qu’elle faisait pour la millième fois ce même discour, demandant au peuple indien de se révolter et de défendre ses droits et son territoire, un coup de feu éclata, elle reçut la balle juste entre les deux yeux et s’écroula pour toujours.
La foule affolée se dispersa, ses amis se précipitèrent, mais bien sûr il était déjà trop tard. La police fit un grand spectacle de poursuite du tireur, d’enquête a rallonge et de déclaration a la presse. Le tueur bien sûr ne fut jamais trouvé, et puis la vie continua et le peuple de la forêt a depuis longtemps oublié son nom, qui n’existe plus que dans le cœur d’une poignée de gens….. qui croyaient en elle …Cecilia
Equateur - Puyo - 1996
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