lundi 21 août 2023

31 Je plaide innocent

A la mémoire de J. F. W…..

                         Je plaide innocent.

J’ai encore sur les mains, le sang du mécréant,
Mais pourtant, votre honneur, moi je plaide innocent.
Car si j’ai pris une vie, dans un mauvais moment,
C’était je vous le jure, pour sauver une enfant.

Elle n’avait pas douze ans, mon Dieu qu’elle était belle,
Avec ses cheveux longs, ses yeux pleins d’étincelles.
Sur le bord de la ….., elle marchait, chantonnant,
Par un jour de soleil, par un jour de printemps.

Et moi j’étais assis, tout seul sur un banc,
Reposant mes vieux os, pensant au bon vieux temps.
Quand j’ai vu sa jeunesse, son sourire rayonnant,
J’ai revu mon enfance, j’ai revu mes treize ans.

De derrière un grand saule, une ombre est apparue,
Se glissant dans les herbes, comme un loup à l’affut.
Il s’est approché d’elle, elle ne l’avait pas vu,
La trainant vers sa barque, moi je l’ai cru perdue.

Je n’ai plus guère de force, les années ont passées,
Je n’avais pas le choix, pour pouvoir l’arrêter.
Je n’pouvais point l’saisir ou bien le cramponner,
Je l’avoue votre honneur, moi j’ai frappé pour tuer.

J’ai encore sur les mains, le sang du mécréant,
Mais pourtant, votre honneur, moi je plaide innocent.

Loveland  Colorado    Janvier 2015

      Ce poème est inspiré d’une vieille histoire, venue des Etats Unis, dans les années cinquante.
     J.F. W…. était un vieil homme se reposant sur un banc près d’une rivière. A proximité du banc on retrouva le corps ensanglanté de la victime, un jeune voyou, bien connu des services de police. Près du corps de la victime on retrouva aussi une espèce de gourdin ayant servi à l’assommé et sur le gourdin des traces de sang et les empreintes de J.F. W … qui fut bien sur accusé du meurtre.
     J.F. W….. ne dénia jamais avoir frappé la victime, mais il jura qu’il ne l’avait fait que pour protéger une fillette, que le voyou s’apprêtait à kidnapper.
     L’ennui, c’est qu’on ne retrouva jamais la fillette et que nul ne crut jamais son histoire. Il mourut avant la fin de sa sentence, et ses dernières paroles furent.
     '’I had to help the little girl …’’
      Quant à moi, j’ai choisi de croire son histoire …

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